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Marie
Besnard (15 août 1896 - 14 février 1980)
Surnommée la « Bonne Dame de Loudun », Marie Besnard, de son nom
de jeune fille Marie Joséphine Philippine Davaillaud, fut soupçonnée d'être
une tueuse en série et reste au centre d'une des énigmes judiciaires française
du XXe siècle. |
L'affaire Besnard débute à
la mort de Léon Besnard, le 25 octobre 1947 à Loudun ; son décès fut
attribué à une crise d'urémie.
Quelques jours après l'enterrement, Mme Pintou, amie et locataire des époux
Besnard, confia à un proche que Léon Besnard, avant de mourir, avait accusé
sa femme "de lui avoir servi de la soupe dans une assiette où se
trouvait déjà un liquide". Les détails de son témoignage, portés à
la connaissance de la gendarmerie, conduisirent à l'exhumation du corps de Léon
Besnard, le 11 mai 1949, sous l'autorité d'un juge d'instruction.
Les prélèvements furent expédiés à un médecin légiste marseillais, le
docteur Béroud, qui découvrit dans les viscères de Léon Besnard 19,45mg
d'arsenic pur, sans que la terre du caveau et le bois du cercueil n'en
portassent la moindre trace.
Une enquête de police, suite notamment à un cambriolage survenu chez Mme
Pintou, ainsi que le témoignage de nombreux habitants de Loudun, attira
l'attention des magistrats et de la population sur les nombreux décès
survenus dans l'entourage de Marie Besnard, à savoir :
Le 1er juillet 1927 : Auguste Antigny (33ans), cousin et premier époux
de Marie Besnard, déclaré mort de tuberculose. Dans ses restes, exhumés,
on découvrit 60mg d'arsenic ;
Le 22 août 1938 : Marie Lecomte, née Labrèche (86 ans), grand-tante
par alliance de Marie Besnard. Dans ses restes, exhumés, on découvrit 35mg
d'arsenic ;
Le 14 juillet 1939, Toussaint Rivet (64 ans), ami des époux Besnard. Dans
ses restes, on découvrit 18mg d'arsenic ;
Le 27 décembre 1941, Blanche Rivet, née Lebeau (49 ans), veuve de
Toussaint Rivet, officiellement décédée d'une aortite. Ses restes
contenaient 30mg d'arsenic ;
Le 14 mai 1940, Pierre Davaillaud (78 ans), père de Marie Besnard,
officiellement mort de congestion cérébrale. Ses restes contenaient 36mg
d'arsenic ;
Le 2 septembre 1940, Louise Gouin, née Labrèche (92 ans), grand-mère
maternelle de Léon Besnard. La très faible quantité d'arsenice recueillie
dans ses viscères exclut ce décès de la liste des victimes et ne fut pas
retenu par l'accusation ;
Le 19 novembre 1940, Marcellin Besnard (78 ans), beau-père de Marie
Besnard. Ses restes contenaient 48mg d'arsenic ;
Le 16 janvier 1941, Marie-Louise Besnard, née Gouin (68 ans), belle-mère
de Marie Besnard. Ses restes contenaient 60mg d'arsenic ;
Le 27 mars 1941, Lucie Bodin née Besnard (45 ans), belle-sœur de Léon
Besnard ,retrouvée pendue chez elle. Ses restes contenaient 30mg d'arsenic ;
Le 1er juillet 1945, Pauline Bodineau, née Lalleron (88 ans), cousine de Léon
Besnard. Ses restes contenaient 48mg d'arsenic ;
Le 9 juillet 1945, Virginie Lalleron, sœur de Pauline (83 ans). Ses restes
contenaient 20mg d'arsenic ;
Le 16 janvier, Marie-Louise Davaillaud, née Antigny (71 ans), mère de
Marie Besnard. Ses restes contenaient 48mg d'arsenic.
Deux mobiles attirèrent tout
particulièrement l'attention du magistrat instructeur : l'argent,
Marie Besnard ayant directement ou indirectement recueilli par héritage les
biens de toutes ces personnes ; la passion, Marie Besnard ayant
noué une relation particulièrement intime avec un ancien prisonnier
allemand, Alfred Dietz, que les époux Besnard avaient conservé comme tâcheron.
Consignés en détail dans l'acte d'accusation, tous ces éléments conduirent
à l' inculpation de Marie Besnard pour empoisonnement, avec la circonstance
aggravante de parricide et de matricide.

Après trois procès qui
durèrent plus de dix ans, Marie Besnard, accusée et menacée de la peine
capitale, fut libérée en 1954 pour être acquitée par la cour d'assises de
Gironde le 12 Décembre 1961.
- La première raison de
l'acquittement tient à l'attitude du docteur Béroud lui-même : contesté,
il se défendit difficilement face aux avocats de Marie Besnard.
- La défense fit valoir également que des erreurs d'étiquetage dans les
bocaux contenant les prélèvements avaient été commises, certains bocaux
pouvant avoir été perdus ou remplacés.
- Une enquête au cimetière de Loudun permit de démontrer que le sulfatage
des fleurs, le zinc des ornements funéraires pouvaient avoir saturé la terre
du cimetière d'arsenic.
- La longueur du procès, le dépérissement des preuves (le dernier procès
ayant lieu en 1964), le retournement de l'opinion publique, lassée;
conduisirent à l'acquittement de Marie Besnard.
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